Mercredi 29 août 2007
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11:48
Petit récit de mes jumpseat pour un court séjour à Limoges.
Certains jumps étaient prévus, d'autres non. Il a donc parfois été nécessaire d'insister pour accéder au plus beau bureau du monde...
On commence avec un vol Brest - CDG, AF7733, refus catégorique du CdB qui a fait passer le message au Chef de Cabine. Dommage, je me contente d'admirer les premières
lueurs du jour depuis le hublot. Le ciel est dégagé sur le parcours, j'aurai vraiment aimé admirer le levé de soleil depuis le poste. Arrivée sur CDG sous la pluie, le plafond était assez bas.
Bref, encore une chose que j'aurai aimé voir de l'avant... Heureusement qu'il y a la suite pour me consoler.
6 Heures d'attente dans le terminal 2D de CDG, c'est long, très long, mais.je n'avais pas le choix.
Vol AF5719 à destination de Limoges, embarquement prévu à 13h00. L'OPL sur ce vol, un ami à moi, m'appelle en attendant l'embarquement me demandant d'être dans les
premiers pour embarquer car ce dernier ce fait par l'arrière et ma place se trouve à l'avant, rang n°0. Le temps passe très lentement en salle d'embarquement, surtout en sachant ce qu'il
m'attend. Un autre équipage Airlinair arrive en salle d'embarquement pour une mise en place. L'OPL, un autre ami, est de la partie. Nous discutons pendant le trajet en car. Et enfin voilà
l'avion, un ATR 42-500 (F-GPYO). Encore quelques instants et j'y serai. Je me présente auprès de la CC et hop, direction le cockpit. Pour ceux qui ne connaitraient pas l'ATR, il faut d'abord
passer par la soute à bagages avant d'arriver dans le cockpit. Ca peut paraitre surprenant mais une fois installer, on y fait plus attention
. Les différentes actions s'enchainent :
Réglages des "bugs" pour les vitesses caractéristiques en suivant le QRH
Mise en route du Numéro 2 en mode Hôtel
Puis du Numéro 1
Roulage
V1, VR
La croisière se passe très bien, la météo est nuageuse sur tout le parcours. Puis vient la descente, un poil trop tard, il faut donc rattraper le plan avec un vario
réglé en conséquence.
Approche ILS 21 à Limoges
Débarquement des passagers, je reste encore quelques instants avant d'aller chercher mes bagages pour les ranger dans un coin. Direction le trafic, où je me fais
enregistrer 1h avant pour le vol à destination de ORY, afin de voir l'envers du décor. Prévol extérieure à l'aide des explications de l'OPL, puis on entre dans l'avion.
Le cockpit est "Cold and Dark", il faut donc réveiller la bête.
Mon ami s'installe en place gauche, moi à droite et c'est partie pour la prévol intérieure. Je connais les procédures spécifiques à l'appareil (merci Flight
Simulator), il se contente donc de me dire ce qu'il y a à faire, j'exécute. C'est quand même beaucoup plus excitant de manipuler les interrupteurs et de jouer avec une souris... Batterie sur ON,
GPU ON, Test ATPCS, consigne NO SMOKING, Tests incendie, bref tout doit y passer... 10 minutes après avoir "fait joujou" avec la bestiole, je dois laisser la place, les passagers ne vont pas
tarder à embarquer. Je m'installe donc dans mon Jump tout en restant attentif aux différentes actions effectués.
Check-list Avant Mise en Route
Descente sur Orly
Pas de photo du reste du vol, j'ai préféré filmer le décollage et l'atterrissage ainsi que profiter du vol.
Débarquement à Orly, fin du voyage Aller (enfin presque, un Road Trip nous attend pour redescendre à Limoges...)
...
On poursuit notre "périple". Cette fois ce sont les vols retour : Limoges - Lyon puis Lyon - Brest en, vous l'aurez sans doute deviné, CRJ
. Il va falloir mettre le paquet pour accéder au poste sur ce dernier vol.
17h05, arrivée à l'aérogare de Limoges pour le vol AF5734 à destination de Lyon. Enregistrement puis dépose des bagages. Je suis accompagné par mon ami OPL, qui va
essayer d'intercepter l'équipage sur ce vol pour leur demander s'il serait possible que je fasse le vol en poste. C'est chose faite quelques minutes plus tard. L'attente en salle d'embarquement
n'est pas trop longue, la seule interrogation qui trotte dans ma tête est vais-je faire le dernier vol en poste ? Ca y est, l'embarquement commence, j'essaie d'être la aussi dans les premiers à
monter à bord. L'avion n'est pas très chargé, 13 pax. Je dépose mes bagages dans le coffre, puis m'avance vers le cockpit, je commence à connaitre
.
Petite présentation auprès des PNT, puis installation du Jump. Mise en route, Roulage, Alignement et Décollage...
La particularité de cette avion est que le GPS n'est pas couplé aux EHSI, pas vraiment pratique... On est dans la couche, et donc en condition givrante, pendant tout
le vol. "Ting" Icing AOA, DE-ICING sur ON et surveillance des bords d'attaques. On demande 2000ft plus haut pour tenter de sortir de la couche, en vain. La descente sur Lyon arrive très
rapidement. La température prévue à l'arrivée est de 29°C, ça nous change des -5 en croisière... On traverse les différentes courses pendant la descente :
Autorisé approche VOR-DME (la première que je fais en Jump) piste 18R, la 18L étant fermée.
Finale piste 18R. A noter le panneau rouge clignotant (croix de St André) au seuil de la 18L.
Arrondi
Roulage derrière un Fokker 100 Brit Air. C'est vraiment le paradis ici, des CRJ de chez Brit Air à perte de vue !
Aux ordres du placeur
Débarquement, et direction la salle d'embarquement. Je trouve l'aérogare de Lyon particulièrement pratique, en tout cas pour els vols régionaux. L'attente est
interminable. Je guette les différents CRJ-700 arrivant pour essayer de trouver le miens. Ca y est, je crois l'avoir trouvé. Il faut encore attendre...... Le CdB descend de l'avion pour aller au
comptoir, j'hésite à aller le voir pour lui demander, mais n'étant pas sur que ce soit lui, je préfère attendre l'embarquement. Premier bon signe, il a l'air sympa... Et enfin voilà le moment
tant attendu, je suis là encore dans les premiers. Montée dans l'avion, le CdB est à coté du CC, encore un bon signe. Je décide donc de lui demander directement. Discours habituel, mais la
réponse est dure à encaisser :
"Je suis désolé, nous n'avons pas le droit, vous savez depuis le 11/09, nous avons des consignes..."
"Même pas un petit tour pendant la croisière"
"Je suis désolé, ça risque d'être difficile, je vais voir selon les conditions"
Bon bah direction la cabine. Siège 10F. Je suis vraiment déçu. Roulage, Alignement, Décollage, Montée, Croisière. Les PNC nous servent de petits sandwichs avec le
fameux Coca. La seule chose à faire est de regarder à travers les hublots. Je suis assez surpris par la différence d'altitude à laquelle nous croisons les autres appareils. Surement 1000ft
d'écart, mais ça parait bien moins vue d'en haut. Certains nous frôlent presque. Ma canette ne veut pas s'ouvrir, mince. Je n'ai déjà pas eu à boire pendant le 1er vol, là je commence vraiment à
avoir soif. Je ne peux pas rester là à attendre, il faut vraiment que j'essaie d'accéder à cockpit. Après quelques hésitations, je décide d'appeler les PNC. Une petite sur le petit bouton, vous
savez celui qui fait un gros bip et une belle lumière, celui à cause duquel tout le monde nous fixe du regard dès qu'on a appuyé dessus. Le CC s'avance. Je lui demande gentiment si elle peut
aller demander au CdB pour aller voir le cockpit. Elle accepte et reviens me voir quelques instants plus tard, sans aucune expression. C'est mal parti...
"Suivez-moi, le Commandant a accepté"
Les passagers assis à coté ne comprennent pas du tout. Aucune importance, moi j'ai un grand sourire. Je tire le rideau, la porte du cockpit est fermée, je tire
doucement sur la poignée en dégageant le Jump et me voilà enfin dans LE plus beau bureau du monde, littéralement. Ce n'est pas un Airbus, pas un ATR, pas un Fokker, mais bien un CRJ, je ne rêve
pas. Présentation auprès des PNT.
"Et ben dis donc, tu en veux toi ! Difficile de te louper !"
J'explique que je connais parfaitement les consignes compagnies, mais que ça ne coute rien d'essayer. Il approuva.
"Par contre, on ne pourra pas te garder pour l'approche, nous n'avons pas le droit lorsque les conditions sont mauvaises, ce qui est le cas sur Brest".
Je baisse la tête, vraiment déçu, surtout en voyant le soleil se coucher au loin.
"Il ne faut pas être déçu !"
"Ben si, un petit peu quand même
"
On discute pas mal sur son parcours, lui aussi a fait une Maths Sup il y a 20ans, ensuite l'ENAC puis quelques années de galère. Mais maintenant il est dans LE plus
beau bureau du monde. J'explique mon parcours, ou j'en suis et ce que je veux faire. J'explique aussi que mon père travaille chez Brit Air, que je débute mon Brevet de Base. Je suis toujours
debout, en train d'attendre que le CdB me dise de sortir.
Je l'entends murmurer au copilote :
"Bon, qu'est-ce qu'on fait ? On le garde ?"
"Brit Air Papa Whisky, descendez vers 3000 pieds sur BODIL."
"3000 pieds sur BODIL Brit Air Papa Whisky"
Mince, j'espère qu'il ne va pas oublier ce qu'il a dit, s*******e d'ATC qui lui a coupé la parole
Quelques instants plus tard il redemande à l'OPL, qui accepte avec un grand sourire aussi. Ensuite il se tourne vers moi :
"Bon, puisque tu es passionné, que ça peut peut-être te motiver pour ta prépa, et que ton père travaille chez Brit Air, on va faire un effort. Tu restes avec nous
pour l'atterrissage."
"Avec un sourire jusqu'aux oreilles, je les remercia"
Installation du Jump, je connais un peu, c'est la 3e fois que je le fais. Explication des différents équipements à utiliser en cas d'urgence : Masque à oxygène,
issue de secours, etc.
Me voila assis dans LE plus beau bureau du monde. Ca a été très compliqué, ça n'a tenu qu'à un fil, mais j'y suis. Qui ne tente rien n'a rien... Il m'invita à
prendre des photos, ce que je fis volontiers. La lumière est superbe, vraiment, c'est incontestable le plus beau Jump que j'ai jamais fait, ça sera difficile à battre, à part en étant assis en
place droite ou gauche, pas centrale
.
Le CdB me demanda si j'avais des questions sur la machine. Mmmm, à première vue, non. Je connais l'avion, merci FS, merci Icare, merci Brit Air.
On est autorisé très tôt à l'approche ILS 25L, la descente se déroule très calmement, j'aime l'ambiance qu'il y a dans le cockpit, la lumière est superbe.
Il y a beaucoup de vent, 70kts, et en plein dans le nez m'explique le CdB, un petit coup d'œil sur le ND pour voir qu'effectivement notre GS n'est pas très élevée.
Dans ma tête je suis ravi, un vent de face veut dire quelques minutes en plus dans l'avion.
On approche de BODIL, interception du LOC, la luminosité est de plus en plus faible.
L'Elorn et Landerneau (pour les connaisseurs) au second plan.
Etabli LOC et GLIDE
J'ai préféré filmer l'atterrissage, c'est plus vivant.
On contrôle peu après Charlie, demi-tour et roulage par Papa. Poste 3 aux ordres du placeur.
Je remercie encore une fois l'équipage et me répondent que c'était inhabituel de voir quelqu'un d'aussi acharné pour aller voir le cockpit, et que ma demande était
"originale", c'est aussi pour ça qu'ils ont accepté. Ce fut vraiment un vol magnifique, le plus beau de mes vols très certainement. Certes j'ai dû me "battre", mais ça en valait la peine.
Par Valentin
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Publié dans : Réel - Jumpseat
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